Connaissez-vous la différence entre fierté et orgueil ?

Non ? Je vais vous raconter une petite histoire très personnelle.

Mon père est né le 23 janvier 1944 à Tunis, à l’époque où ce pays était sous protectorat français.
Ma mère, elle, est née le 17 mai 1947 à Bordeaux.
Issus tous deux d’un milieu très modeste, ils n’ont pas fait de grandes études mais, conscients qu’elles peuvent changer une vie, nous ont toujours poussées, ma sœur et moi, à aller le plus loin possible, quitte à devoir faire des sacrifices pour financer nos études.

En 1958, suite aux événements liés à l’indépendance de la Tunisie, mon père qui avait alors 14 ans, a dû quitter ce pays. C’est depuis le pont d’un bateau le menant vers le port de Marseille qu’il a vu s’éloigner la terre qui l’avait vu naître.
De l’école, hormis le souvenir des petits français attendant la récréation pour voir si ses pieds et ceux de son frère cadet étaient noirs pour de vrai, il n’en gardera pas de grands souvenirs. Pieds-noirs qu’ils disaient.

Et c’est ainsi qu’un jour, son père (mon grand-père donc), lui dit : « Toi tu seras charcutier. ». Et il devint charcutier !
Ma mère, elle, ce fut la crèmerie. Dans une halle bordelaise où ils se rencontrèrent.

Lorsque nous étions enfants, un de nos jeux favoris, à ma sœur et à moi, était de faire la dictée à notre père. La grammaire, l’orthographe, ce n’était pas sur les plages de Nabeul et encore moins en faisant l’école buissonnière qu’il en avait acquis les bases.
Il jouait le « jeu ». Il faisait des fautes bien sûr. Cela nous amusait. Et tous ensemble nous rigolions beaucoup !

Mon père, pourtant, est un lecteur passionné. Passion qu’il a transmise à ces deux filles. Il y a toujours eu des livres à la maison. Le cursus littéraire que j’ai choisi n’est certainement pas dû au hasard.

Aussi, au regard de mon histoire et de celle de ma famille, je suis fière d’avoir validé la formation de lecteur-correcteur auprès de l’École Française de Lecteur-Correcteur (EFLC) et d’avoir obtenu un score très honorable au Certificat Voltaire.

Lorsque je vois des fautes dans un contenu, jamais je ne juge. Comment le pourrais-je ?
En revanche, j’aime apporter mon expertise dans le domaine de la relecture pour corriger et faire en sorte que personne ne se rende compte des lacunes des professionnels qui me confient leurs contenus. Quelle est leur histoire ? Personne ne le sait.
Je connais la mienne.

Alors, voilà, je suis fière. Fière mais pas orgueilleuse.

La photo illustrant cet article a été prise en juin 2024 lors d’un voyage que nous pourrions appeler « pèlerinage » en Tunisie, à Nabeul. Accompagné de sa famille, mon père a foulé, 65 ans après son départ, le sol de son pays comme il aime à le dire avec tendresse.
La photo a été prise dans la classe de l’école qu’il fréquentait à l’époque. Assis à l’exacte place qu’il occupait alors.

Papa orthographe-Relecture-correction 1
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